L’apprentissage a démontré son efficacité : insertion rapide sur le marché du travail, taux d’emploi élevés, montée en compétences dans des secteurs en tension.
Pourtant, le gouvernement a annoncé une nouvelle réduction des aides à l’embauche des apprentis. Officiellement, il s’agit de « maîtriser la dépense publique ». Concrètement, cela signifie moins de primes pour les entreprises qui recrutent des jeunes en BTS, en licence professionnelle ou en école d’ingénieurs.
Les nouvelles aides en 2026 | ||
|---|---|---|
| Entreprises de moins de 250 salariés | Entreprises de 250 salariés et plus | |
| Niveaux infra bac et bac | 5.000 € | 2.000 € |
| Niveaux bac+2 (BTS) | 4.500 € | 1.500 € |
| Niveaux licence et master | 2.000 € | 750 € |
Cette baisse contribue de toute évidence à ruiner la dynamique de l’apprentissage, qui avait pourtant atteint des niveaux records ces dernières années. L’apprentissage n’est pas qu’un dispositif technique : c’est un ascenseur social. Pour des milliers de jeunes issus de milieux modestes, il représente la possibilité d’obtenir un diplôme tout en étant rémunéré, sans s’endetter ni dépendre exclusivement du soutien familial.
Réduire les aides, c’est décourager les entreprises, notamment les PME, qui hésitaient déjà à recruter. Or, derrière les chiffres, il y a des parcours de vie. Un contrat d’apprentissage en moins, c’est un projet professionnel qui s’effondre. Et pourquoi ? L'État a besoin d'argent, les caisses sont vides !
La décision intervient au moment où une autre information fait grand bruit : plus de 13 000 millionnaires français ne paieraient pas d’impôt sur le revenu, selon un document du Sénat qui confirme les récentes déclarations de l’ancien ministre Éric Lombard : « Parmi les personnes les plus fortunées, des milliers ont un revenu fiscal de référence de zéro. Ils ne paient aucun impôt sur le revenu ! ». Ces données, issues de documents de Bercy (Ministère de l'Economie), mettent en lumière les failles d’un système fiscal qui permet aux contribuables très aisés d’échapper à l’impôt.
Le contraste est brutal.
D’un côté on accable des jeunes qui tentent de se former, souvent avec des ressources limitées, et de l’autre, les gros patrimoines bénéficient de dispositifs légaux qui leur permettent d'échapper à l'impôt. Cet impôt qui serait bien utile au financement de l'apprentissage et des aides à l'embauche des jeunes !
Qui pourrait s'en soucier au gouvernement quand la ministre Amélie de Montchalin assurait encore à l’Assemblée nationale, le 14 janvier : « Il n’est pas vrai que des dizaines de milliers de Français fortunés ne paieraient aucun impôt sur le revenu. Il n’y a pas de document à Bercy qui le montre » ?
Le document du Sénat (qui vient de Bercy) dément formellement ce mensonge (il y en a 13 000). En attendant, le signal envoyé est clair : quand on a besoin d'argent on pense d'abord à diminuer la dépense du côté des apprentis, plutôt qu'à augmenter les recettes du côté des millionnaires.
Ce choix pose une question fondamentale de justice sociale. La fiscalité des riches devrait être un sujet prioritaire de la campagne présidentielle.
Pour de nombreux jeunes, notamment ceux dont les parents ne peuvent financer de longues études, l’alternance est la seule voie réaliste vers un diplôme supérieur. En réduisant les aides, on freine cette mobilité sociale. Le message implicite est désolant : l’effort budgétaire pèse davantage sur ceux qui cherchent à s’élever que sur ceux qui sont déjà « arrivés » et qui disposent d’un capital important.
L’enjeu dépasse le simple équilibre des comptes publics. Il touche au modèle de société que l’on souhaite défendre. Voulons-nous une société qui investit dans la formation des jeunes, en protégeant les plus modestes, ou une société dans laquelle on réduit les dépenses sociales plutôt que de s'attaquer aux inégalités fiscales majeures ?
L’apprentissage n’est pas une dépense superflue, c’est un investissement. Si l’on veut réellement promouvoir l’égalité des chances, il serait cohérent de protéger, et même renforcer, les dispositifs qui permettent aux plus jeunes de construire un avenir professionnel.

Christophe Montoriol - 19/02/2026
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Sans apprentis il n’y aura plus d’industries. Sans industries il n’y aura plus des millionnaires?! Réfléchi un peu les politiques, tes fortunes dépendent plutôt de l’avis du people remontant que la reconnaissance des riches descendant…
Bonjour, mon fils prépare un master par alternance. Le nombre d heures de cours hebdomadaires est variable, environ 20h en moyenne, depuis la rentrée ..
...| Moins de 18 ans | 18 à 20 ans | 21 ans à 26 ans | |
| 1ère année | 492 € (27% SMIC) | 784 € (43% SMIC) | 966 € (53% SMIC) |
| 2ème année | 711 € (39% SMIC) | 930 € (51% SMIC) | 1 112 € (61% SMIC) |
| 3ème année | 1 003 € (55% SMIC) | 1 221 € (67% SMIC) | 1 422 € (78% SMIC) |
