Pour tout retenir, trois portes à ouvrir

Les trois principales composantes de la mémoire sont la mémoire sensorielle, la mémoire de travail et la mémoire à long terme.

Comment booster sa mémoire avant les examens ?

Vous êtes-vous déjà demandé ce qui se passe dans votre cerveau quand vous révisez vos cours ? En ayant conscience de son fonctionnement, vous pourrez améliorer votre capacité à enregistrer et à mobiliser des informations.

Les trois principales composantes de la mémoire sont la mémoire sensorielle, la mémoire de travail et la mémoire à long terme. Trois portes à ouvrir pour optimiser vos méthodes de travail.

Multipliez les angles d’approche

La première étape consiste à activer votre mémoire sensorielle. Celle-ci repose, comme vous le savez, sur la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher. L’enjeu consiste à solliciter le plus de sens possible. Quand nous étudions, nous nous appuyons en général sur des aides visuelles et sonores, mais de nombreux domaines font appel à d’autres sens. Les arts plastiques, entre autres, impliquent le toucher.

Plutôt que de vous contenter de lire votre manuel, essayez d’écouter des podcasts, ou de vous aider de schémas visuels grâce à des posters, des exposés ou des blogs.

Lorsque nous activons notre mémoire sensorielle, nous engageons notre attention et notre perception du monde. Il faut être attentif pour apprendre et plus nous allouons de ressources cognitives à une tâche dans un temps donné, plus vite nous assimilons les nouveautés. C’est pourquoi il importe d’étudier dans un environnement propice aux apprentissages, comme une pièce à l’écart du bruit ou une bibliothèque.

Et si vous utilisiez des podcasts pour aborder autrement vos cours ? Shutterstock

La mémoire limitée

La mémoire sensorielle et la mémoire de travail sont si limitées que les apprenants doivent se focaliser autant que possible sur les informations les plus importantes, en évitant les distractions.

La manière dont nous interprétons une information dépend de nos connaissances et de nos expériences antérieures. Pour mettre à profit ce mode de fonctionnement, on peut partager avec quelqu’un ce que l’on sait déjà avant de se lancer dans une tâche nouvelle, ou peu familière. Avant d’aborder un nouveau cours, essayez donc de refaire le tour de ce que vous avez appris avec un ami ou l’un de vos parents.

S’il y a quelque chose que vous ne comprenez pas du premier coup, peut-être est-ce parce que vous n’y avez pas fait assez attention ou que vous n’avez pas bien posé le sujet. Essayez de vous aérer l’esprit, en faisant une pause, et demandez-vous quel est vraiment votre niveau de concentration.

Si cela ne marche toujours pas, demandez un conseil ou de l’aide pour vous assurer que vous êtes sur la bonne voie.

Commencez par le plus facile

Une fois que l’apprenant a perçu le contenu à assimiler et s’y est intéressé, l’information est transférée à sa mémoire de travail. C’est là que commence son traitement conscient. Quand vous passez un examen, c’est votre mémoire de travail qui décide de ce que va être votre réponse et vous aide à la structurer.

Nombre d’apprenants ne s’en rendent pas compte, mais après une longue période d’étude, il arrive qu’on ait l’impression de ne plus apprendre autant de choses qu’au début. C’est dû à ce qu’on appelle la surcharge cognitive.

Votre mémoire de travail ne peut contenir qu’une quantité limitée d’informations dans une période donnée. Cette quantité exacte dépend de votre niveau de connaissances préalable. Prenons l’exemple d’un enfant qui apprend son alphabet : au début, il n’a que peu de connaissances sur lesquelles s’appuyer, de sorte que les lettres seront stockées une par une dans sa mémoire ; mettons qu’il faudra compter 26 bits pour chacune. Puis, à mesure que cet univers gagne en familiarité, les lettres prises ne mobiliseront plus à elles toutes ensemble qu’un bit dans la mémoire de l’enfant.

Pour rendre votre mémoire de travail plus efficace, évaluez le type d’information que vous êtes en train d’apprendre. Va-t-elle requérir beaucoup d’« espace de stockage », ou très peu ? Ce que vous êtes en train d’apprendre est-il quelque chose que vous devrez maîtriser pour pouvoir passer à des étapes plus exigeantes ? Si la réponse est « oui », alors l’effort de mémoire sera plus important.

Essayez de maîtriser en priorité les informations les plus simples afin de vous les rappeler plus vite sans y consacrer plus de ressources cognitives que nécessaire. Puis vous pourrez passer à des informations plus complexes et donc énergivores. Cette façon de procéder est connue sous le nom d’automatisation.

Certains savoir-faire, comme la conduite, deviennent des automatismes, ce qui permet de se focaliser sur des tâches plus complexes. Shutterstock

Mémoire à long-terme illimitée

Assimiler une connaissance au point d’en faire un automatisme, voilà qui permet d’allouer ensuite plus d’énergie à des tâches qui demandent plus d’effort. C’est pour cette raison qu’on nous encourage à apprendre par cœur les tables de multiplication, afin que nous puissions libérer des ressources cognitives pour résoudre des problèmes de maths plus difficiles.

La mémoire de travail étant limitée, il s’agit de transférer les informations dans votre mémoire à long-terme, qui, elle, a une capacité illimitée. Pour que les informations y soient stockées en permanence, vous devez vous engager dans un processus d’encodage. Beaucoup de tâches recommandées par les enseignants, des devoirs à la préparation de plans de rédaction, sont en fait des stratégies d’encodage.

La technique Pomodoro est une autre stratégie d’encodage à utiliser. Ici, il s’agit de se servir d’un minuteur pour décomposer le temps de révisions en intervalles de 25 minutes, généralement, séparés par de courtes pauses. Mise en œuvre efficacement, Pomodoro peut réduire l’anxiété, améliorer la concentration et augmenter la motivation.

Ce que vous faites lors de l’encodage affecte le transfert de l’information de la mémoire à long terme vers la mémoire de travail qui vous livre les réponses que vous cherchez. Il est plus facile de se souvenir de quelque chose quand les conditions de récupération correspondent aux conditions d’encodage.

C’est pourquoi, lorsque nous étudions, nous aimons souvent le faire dans un environnement calme, qui ressemble aux conditions dans lesquelles on passera les examens.

Créez des ponts entre les notions

Plutôt que de revoir vos fiches de cours, essayez d’expliquer ce que vous avez appris à quelqu’un qui ne connaît rien à ce domaine. Si votre enseignement s’avère efficace, cela veut dire que vous avez une bonne compréhension du sujet.

La mémoire à long terme a peut-être une capacité illimitée, mais ce n’est qu’une structure de stockage. Ce n’est donc pas parce que quelque chose y est emmagasiné que vous pourrez le récupérer vite, efficacement.

Il est déjà arrivé à la plupart d’entre nous de ne pas pouvoir retrouver des information pourtant apprises. Ou alors de ne pas bien les récupérer correctement, ce qui se traduit par de mauvaises réponses.

Cela peut venir d’une étude superficielle du sujet, par opposition avec un niveau de révisions plus approfondi. En apprenant quelque chose par cœur la veille d’un examen, nous n’avons pas le temps de relier les informations aux connaissances déjà établies. Vous pouvez vous faciliter la tâche en établissant des analogies entre ce que vous êtes en train d’apprendre et ce que vous maîtrisez déjà.

Être conscient de tous ces enjeux nous aide à comprendre pourquoi certaines méthodes sont plus ou moins efficaces que d’autres. Qu’il s’agisse de réviser pour des examens ou dans d’autres cadres, il est important que nous réfléchissions à la manière dont notre cerveau fonctionne et dont nous, en tant qu’individus, apprenons.


Amina Youssef-Shalala, Lecturer, Australian Catholic University
Traduit de l’anglais par Aurélie DjavadiThe Conversation

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons.

Amina Youssef-Shalala  -  11/11/2019

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