« On discute d'abord de ce qu'il faut faire,
et ensuite on voit qui fait quoi! »

Réforme de l'apprentissage : le bon sens chez Muriel Pénicaud agace les institutions qui craignent de perdre pouvoirs et subventions.

« Nébuleuse : système d'étoiles qui s'effondre sous l'effet de la gravitation » [wikipedia].

La constellation d’organismes et d’institutions qui gravitent autour de l’apprentissage peut craindre un destin analogue à l’heure ou le gouvernement étudie un moyen de relancer l’apprentissage, et parle de révolution Copernicienne (Muriel Pénicaud)!

La dépense publique pour l’apprentissage s’élève aux environs de sept milliards d’euros. L’argent est dispensé aux organismes publics qui ont vocation à développer et entretenir le dispositif.

Ces organismes (12 régions, 130 chambres de métiers, 120 chambres de commerce, 60 fédérations professionnelles, 10 syndicats, 145 OCTA) auxquels s’ajoutent Education Nationale, services académiques, des centaines d’intervenants, tous jaloux de leurs prérogatives, agissant sans coordination, dont les efforts ont permis à 270 000 apprentis d’entrer en formation en 2016!

Au regard des 1,3 millions de jeunes français sans emploi ni formation, dans un contexte ou l'apprentissage est plébiscité comme le moyen le plus efficace d'insertion professionnelle, le bilan est peu flatteur. La ministre du travail, Muriel Pénicaud, porté par l’opinion qui s’indigne d’un tel désastre, mène la consultation auprès des acteurs et des prescripteurs de l’apprentissage. La bataille s’annonce rude.

Le succès des modèles suisses et allemands s’invite souvent dans les débats, et pourrait inspirer les protagonistes de la réforme. Or ces modèles proposent une forme radicalement différente du système français dominé par l’éducation nationale. En Suisse et en Allemagne ce sont les branches professionnelles qui définissent le contenu des enseignements, en fonction des besoins en compétences qu’elles ont identifiés. (Voir les propos de Stefan C. Wolter, directeur du Centre suisse de coordination pour la recherche en éducation, rapportés par Lacroix). Dans ces pays le taux de chômage des jeunes est au plus bas de l'échelle européenne (aux environs de 7%), la France au plus haut (25% en 2016).

Dès lors en France, se fait jour l’idée d’un transfert de compétences et de responsabilités vers les fédérations professionnelles. Sentant la menace, L’Education Nationale s’émeut, régions et chambres consulaires montent au créneau et s’inquiètent du tour que prend la consultation.

Sous le vent du boulet, Muriel Pénicaud sur Europe 1 lance alors en manière d’avertissement : "on discute d'abord de ce qu'il faut faire, et ensuite on voit qui fait quoi!"

Un bon sens qui n’apaise pas les craintes,

chacun se voit déjà dépossédé de ses prérogatives, et de ses budgets ! Pour faire pièce à la déclaration de l'ancien prix Nobel de la paix Dag Hammarskjöld pour qui « Seul est digne de son pouvoir celui qui le justifie jour après jour », les intervenants dans la consultation sont contraints de se livrer à l'exercice, et d’y assortir des propositions convaincantes sur « ce qu’il faut faire ».

Sans aucun doute la première préoccupation des jeunes et de leurs familles.

Mais la ministre du travail, dont le ton juste et clair au micro d'Europe 1 (voir ci-dessous) montre de la sincérité, tiendra t’elle sans fléchir devant la marée qui s’avance ? Derrière les régions et les chambres consulaires, vent debout, on voit poindre les syndicats financés en partie par l’argent de l’apprentissage, puis les agents de la fonction publique qui peuvent craindre la diminution de leurs dépenses de formation, supérieures à celles allouées à l’apprentissage.

Face à ces situations incohérentes, le statu quo est de mise depuis des décennies. Peut-on espérer une révolution, ou même la transformation qui a la préférence d'Emmanuel Macron ? Muriel Pénicaud a déjà renoncé à fusionner apprentissage et professionnalisation, une mesure « de bons sens » mais qui remettrait en cause l’enseignement professionnel initial piloté par l’Education nationale.

Et nous ne sommes qu’au début …


[Voir l'interview de Muriel Pénicaud sur Europe 1, interrogée par Patrick Kohen]
Christophe Montoriol  -  01/12/2017

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