Uniforme à l’école, l’éternel débat ?

L'uniforme était et reste à la mode dans les pays anglo-saxons, mais jamais il n'a été imposé à l'école primaire au niveau national.

#balancetonbahut

Sous les hashtags #balancetonbahut et #14septembre, des collégiennes et lycéennes revendiquent depuis la rentrée le droit de s’habiller comme elles le souhaitent, pointant le sexisme d’établissements scolaires plus stricts vis-à-vis des tenues portées par les filles que par celles des garçons.

Interrogé sur ce sujet par RTL le 21 septembre, le ministre de l’Éducation nationale Jean‑Michel Blanquer a déclaré qu’il fallait venir « à l’école habillé de façon républicaine ». Une expression qui a depuis fait couler beaucoup d’encre, réactivant le débat sur le retour de l’uniforme en classe.

Or, contrairement à ce qui est parfois soutenu, il n’y a jamais eu en France de politique nationale pour imposer le port d’uniformes dans les établissements d’enseignement primaire ou secondaire. Il suffit de regarder d’anciennes photos de classe – et il y en a des milliers sur Internet – pour constater de visu qu’il n’y a jamais eu d’uniformes dans le primaire public métropolitain. Et, si beaucoup d’élèves portaient des blouses, elles étaient plus ou moins disparates.

Distinction d’établissement

C’était pourtant dans ces écoles communales, plus marquées par la diversité socioculturelle, qu’aurait pu se poser le plus la question de l’égalité, souvent invoquée pour l’imposition fantasmée de l’uniforme. Or, ce sont les établissements où il y avait une certaine sélection socioculturelle qui ont par le passé fait porter à leurs élèves des uniformes – ou des blouses uniformes – à savoir dans beaucoup des établissements privés, mais aussi dans certains établissements secondaires publics, généralement les plus huppés.

Ces uniformes étaient avant tout un signe de distinction d’établissement (dans tous les sens du terme), la mise en avant d’une appartenance à une communauté sélectionnée, voire d’un « patriotisme d’établissement ». Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’égalité d’éducation n’était pas le souci dominant en l’occurrence.

Dans un passé assez lointain, beaucoup ont porté des blouses disparates à l’école communale, certes. Mais beaucoup d’enfants portaient également la blouse à la maison. En réalité, les mères de famille préféraient laver la blouse plutôt que le pull, d’autant que planait alors à l’école la menace constante des crachotis d’encre de la « plume sergent major ». Les blouses ont commencé à disparaître dans les années 1960, lorsque la pointe Bic l’a remplacée.

Photographie d’un groupe d’écoliers, lieu non déterminé, photographe Nicolas Dominger, Nancy. Vers 1890.

Il y a eu dans le passé davantage de pression de l’uniforme dans les établissements secondaires publics féminins que dans leurs homologues masculins car le souci de former des « jeunes filles rangées » a pu être plus prégnant que celui de normaliser les jeunes gens.

Nombre de ces jeunes filles ont tenté toutefois de ruser avec la normalisation des tenues qui leur était imposée. Et elles sont parvenues parfois à des compromis qui pouvaient être cocasses par exemple l’obligation, pour porter un pantalon, de mettre par-dessus une jupe plissée afin de donner l’air d’aller dans le sens du règlement.

Tournant des années 2000

Depuis une vingtaine d’années on assiste régulièrement à des tentatives de mettre en plein débat public la question de l’uniforme à l’école. Le plus souvent, afin de s’appuyer sur l’autorité d’une tradition qui serait perdue, il est prétendu qu’il s’agirait d’un retour à un passé regretté. Et assez souvent, il est affirmé que ce retour serait à faire au nom de « l’égalité ». Mais, selon les moments, il arrive aussi que ce ne soit pas la seule raison invoquée. Et on aurait bien tort de le méconnaître.

Pour ce qui concerne les initiatives ministérielles, on doit évoquer en premier lieu celles de Xavier Darcos qui vont être réitérées et susciter des réactions diversifiées, mais significatives, parmi des dirigeants politiques de haut rang appartenant généralement à la droite. Le 14 décembre 2003, alors ministre délégué à l’Enseignement scolaire, il déclare publiquement que

Claude Lelièvre  -  02/10/2020

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